Décision du plan de traitement dans la gestion des péri-implantites : intérêt des logiciels de plannification

Comment gérer les péri-implantites?. Comment sauver les implants menacés? Logiciels de plannification et Lasers

Intérêt des logiciels de planification implantaire dans la décision de traitement d’une périimplantite

Parution LS 79 - Septembre 2018

Auteur : Dr Amandine PARA

 

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Introduction

Un implant sur dix présente une périimplantite, au bout de 8 ans en moyenne (Koldsland, 2010.).

Redéfinie récemment lors de la conférence de consensus (4ème groupe de travail) sur la classification des maladies parodontales et péri implantaires (Berglundh, 2018), la périimplantite est une maladie infectieuse liée à la plaque qui atteint les tissus péri implantaires, muqueux et osseux. Elle se caractérise cliniquement par un saignement au sondage, avec un sondage de plus de 5 mm. Radiographiquement, on note une perte osseuse d’aspect radioclair, souvent en forme de cuvette. Elle s’accompagne de l’un ou plusieurs des facteurs de risque suivants : tabac, ciment résiduel, hygiène buccale insuffisante, contrainte sur l’implant, muqueuse kératinisée absente et événements de vie stressants.

Plusieurs classifications anatomiques ont été proposées : la classification de Schwarz donne une bonne indication de la géométrie du défaut.

D’autres classifications proposent une stratégie thérapeutique en fonction de la situation gingivale et de la perte osseuse (stratégie thérapeutique « CIST » de Lang) (Bouchard et coll).

Le maintien d’un implant en fonction passe par l’élimination du tissu de granulation, la décontamination de la surface implantaire et un aménagement ostéomuqueux en cas de biotype parodontal fin ou pour reconstruire le tissu osseux résorbé. Enfin le contrôle d’un environnement local favorable à l’hygiène du patient est primordial. (Nguyen-Hieu, 2012).

Les techniques actuelles de traitement de la périimplantite combinent des moyens mécaniques, chimiques et photoniques de plus en plus décrits dans la littérature (Para, 2018).
 

Quelle que soit l’école et la philosophie de traitement, tous les auteurs s’accordent sur le fait qu’au contraire d’une dent, un implant mobile ne peut pas être conservé et doit être retiré. Théoriquement, il en est de même pour un implant ayant perdu plus de 70% d’os et pour lequel il ne reste que quelques spires apicales intégrées. Toutefois, en pratique le fondement de la décision de conserver ou retirer un implant défectueux est multifactoriel, et est un sujet de controverse en implantologie.


 

Quand sauvegarder ou retirer un implant ?

Cette question passionne les débats davantage que lorsqu’il s’agit de conserver des dents dans un contexte parodontal affaibli.

Maintenant que la perte osseuse peut être stabilisée de façon de plus en plus prédictible autour des implants, l’ampleur du succès varie selon la taille et la configuration du défaut osseux. La décision de retirer ou maintenir sur site un implant affaibli doit être considérée en regard d’une part du pronostic fonctionnel et esthétique, et d’autre part du désir du patient qui a investi du temps et de l’argent dans son traitement implantaire.

Plusieurs articles présentent des critères décisionnels de retrait ou de conservation des implants. Le plus récent est celui de Tarnow et collaborateurs (2016), qui proposent différents facteurs clés de décision. Nous les avons répertoriés dans le tableau ci-après. Le pour et le contre doivent être évalués comme lorsqu’il s’agit de sauver une dent.

 

Les facteurs pris en considération dans la balance sont d’ordre biologique, prothétique, anatomique, parodontal, mécanique et humain  (Tableau 1) :
 

  • Mobilité de l’implant

  • Nécessité de refaire la prothèse sur l’implant en périimplantite

  • Implant malade engagé dans une reconstruction prothétique implantoportée plurale

  • Les composants prothétiques spécifiques de l’implant malade ne sont plus commercialisés

  • Positionnement de l’implant incompatible avec un nouveau projet prothétique

  • Implant malade en situation inesthétique : trop vestibulé ou pas assez enfoui

  • Accessibilité de l’implant pour traiter la périimplantite

  • Pronostic du traitement de la périimplantite

  • Contrôle du biotype parodontal : pronostic de greffe muqueuse sur la surface implantaire contaminée

  • Facilité de retrait de l’implant en périimplantite au moyen d’un système de torque inversé (connectique interne accessible, espace dent-implant suffisant)

  • Retrait de l’implant malade impossible autrement que par une tréphine : provoquant un dégât osseux résiduel trop important

  • Risque de fracture de l’implant lors du retrait (implant long et fin en forme de vis)

  • Absence de consentement du patient de retirer son implant (attachement émotionnel, contrainte financière…).